Joueb.com
Envie de créer un weblog ?
Soutenez le Secours populaire
ViaBloga
Le nec plus ultra pour créer un site web.
Débarrassez vous de cette publicité : participez ! :O)

Derrière la nuque - Un peu plus loin que l'horizon
sunflower

(Ciel neige soleil bière amour bleu nuit cigarette attente vent froid dehors distance silence silence silence.)

Tout s'abolit, tout disparaît. Les doutes vont et viennent. Je danse d'un pied sur l'autre, trébuche puis me raccroche à des lambeaux d'espoir déchu. A des lambeaux de solitude. Le soleil pleure dans mon sommeil. Je parle seule quand la nuit quitte mon corps. Ici j'ai eu vingt ans. Les bougies à souffler sur mon gâteau au chocolat. Minuit, le silence dort et les voix résonnent entre les quatre murs du son. Minuit, vingt ans de papier cadeau. Un cahier rempli de leurs mots à eux mais je n'arrive même pas à fixer mes yeux sur les pages. Les lignes dansent dans les vapeurs d'alcool, je m'endors sans m'en rendre compte vraiment. Je m'endors et mon corps disparaît à son tour.
Des reflets dans la vitre - j'ai peur que ce soit moi. La neige ne vole plus vraiment et je revois les mots échappés d'autoroute. Chocolat chaud. L'après-midi décline et ma mémoire se trouble, je reste assise face au soleil. Les yeux clos. La peau me brûle. Tout brûle à l'intérieur. Il m'a parlé de passion quand j'éloignais ma main. J'ai évoqué des hommes, des bruns, tous ces bruns que j'ai aimé un jour ou l'autre, pour un jour ou un an, parfois pour toujours. Tous ces garçons bruns que j'ai croisés, par hasard parfois, souvent. Tous ces visages qui se superposent mais qui ressemblent si peu au sien. Peut-être que je l'ai blessé. Peut-être que ça ne veut rien dire.
Les fenêtres s'ouvrent, on se penche on se parle on se touche mais moi. Moi j'ai perdu les mots. J'ai perdu le sens. J'ai perdu ce truc dans le ventre. Ce truc qui nous fait tenir en vie sans qu'on sache trop bien ce que c'est. Perdu. J'ouvre une fenêtre, puis deux, puis trois, les balcons sont imaginaires. Je me vois encore debout dans mon lit à barreaux blancs, tôt le matin en attendant que maman vienne me lever. Debout contre les barreaux je me croyais sur mon balcon et je m'inventais des voisins. J'avais deux ans peut-être, à peine. La vie s'inventait chaque seconde et ce soir je repense à ça sans comprendre. Instantané d'un moi qui n'a plus rien à voir, ou plutôt d'un moi qui n'a jamais changé vraiment. La même un peu plus grande, un peu moins belle, un peu moins vraie. Deux ans, toujours deux ans, juste un petit zéro derrière mais zéro ça compte pour du beurre alors...


Les histoires que je (me) raconte ne sont qu'incandescence

Mégot de envole-moi, écrasé le Mardi 19 Février 2008, 23:26 dans le cendrier des châteaux de sables.

Pause clopes :

passionnee-par-les-reves
passionnee-par-les-reves
20-02-08 à 15:23

"tous ces bruns que j'ai aimé un jour ou l'autre, pour un jour ou un an, parfois pour toujours". Je ne peux pas m'empêcher de penser que le pour toujours c'est Nicolas. Même si au fond, tu te dis que c'est peut-être Mathieu. Je suis une vieille nostalgique. Tant pis. Et je l'aime bien moi le personnage de Nicolas.

Ce texte est très beau. Tristement beau peut-être. La petite fille est toujours là. Elle se sent au travers de tes mots. Si cela peut te rassurer juste un peu.

Je devrai le voir bientôt le film, ça semble sur la bonne voix. Mais ce soir, ce sera Klapisch. Avant tout.


 
envole-moi
envole-moi
22-02-08 à 19:14

Re:

tu as certainement raison. Dans ce toujours il y a sûrement de Nicolas, mais aussi un peu de Mathieu...

Merci.

Ai vu Paris hier. Beau film mais je suis restée sur une sensation un peu bizarre, comme s'il manquait quelque chose pour que je sois pleinement emballée. Quoi qu'il en soit j'ai passé deux heures très agréables. Et toi, qu'est-ce que tu en as pensé ?


 
passionnee-par-les-reves
passionnee-par-les-reves
25-02-08 à 17:17

Re:

Ce que j'en ai pensé. Si je commence je ne m'arrête plus. Je vais posté quelque chose dessus, sur le film, sur l'attente jusqu'à ce 20 février. Sur Klapisch, la furtive rencontre tout ça.

Moi aussi je suis restée sur cette fin, j'aurais peut-être voulu qu'il tranche (pour une fois), qu'il nous le fasse clairement vivre. Parce qu'il vit hein à la fin! Tu le penses aussi?


 
nolita
nolita
23-03-08 à 11:38

Re:

Moi j'dis qu'il vit, il peut pas regarder ce monde là comme ça pour le lâcher!

J'ai un peu l'impression que c'est moi qui parle quand t'écris, qui parle en mieux, mais ce sont les mots et les phrases que je ressens jusqu'aux petits détails, les bruns, les Nicolas, les rèves...nada-surf et yann tiersen, Into the wild...et les larmes, la peur et le temps qui passe...