Derrière la nuque - Un peu plus loin que l'horizon
On roule au hasard du crépuscule mais peut-être que la nuit finira par m'avaler. Peut-être qu'à force de me laisser aller à l'aléatoire tout s'évaporera sans que je m'en aperçoive. J'ai si peur de me retrouver seule. C'est sûrement pour ça que je reste, là, le ventre vide. Je l'embrasse les yeux fermés en pensant à autre chose - à d'autres lèvres sans vraiment me l'avouer. L'autre soir, les petites routes serpentaient à travers la montagne, on s'élevait au dessus du lac et je laissais le vent caresser mon visage. Il y avait ses mains, sur moi, contre moi. La tente était plantée dans un champ désert, juste derrière les sapins. Je regardais le soleil se coucher pendant qu'il allumait un feu. Je pensais à contre-temps que le mien est certainement éteint depuis bien longtemps. Plus tard, il y a eu les flammes tout contre nous, une bouteille de rosé à deux - juste un peu de chaleur factice. Il jouait sur sa guitare et je fixais les braises sans pouvoir m'en empêcher. J'aimerais que quelqu'un s'approche et craque une allumette pour rallumer ce qui est mort à l'intérieur de moi.
Pause clopes :
Comme je te comprends... comme je comprends cette sensation d'être morte à l'intérieur, l'impression que quelque chose s'est brisé, les papillons dans le ventre qui ont disparu... Et en même temps, tellement de souvenirs à deux.
La question, maintenant, est de savoir s'il faut partir, ou rester... et aussi laquelle est la solution de facilité.
Bon courage...
Bon j''vais t'envoyer des allumettes par la Poste, en lettre prioritaire je pense qu'ils feront ça très bien!
Ah et puis la video de Londres ça illustre bien la ville qui t'écchappe. Et cette impression d'avoir voyagé un peu avec toi, d'être plus proche de toi. Parce que tu le disais à quelqu'un d'autre, 4 ans déjà que tu es là, et moi 3 que je te lis. C'est dingue en effet. Enocre plus quand tu penses que je ne te connais qu'à travers tes mots, et pourtant.
Alors, après ce concours terminé pour de bon (et je ne vais pas te faire l'injure de te demander comment il s'est passé ;) ), c'est quoi le programme pour l'année prochaine?
Re:
Merci pour l'allumette ;)
Donc l'année prochaine et bien, L3 d'histoire, ou alors double L3 histoire-géo (jusqu'ici j'ai l'équivalence d'une première année en double licence et je devrais normalement obtenir ma deuxième année aussi), mais j'ai peur que la double licence soit trop lourde, n'étant pas aménagée... Un peu dommage d'avoir fait deux ans de prépa pour ça, mais... Je n'ai aucune intention de cuber (càd de faire une deuxième deuxième année de prépa). Voilà voilà...
Re:
Enfin tu sais les doubles cursus je commence à m'y connaître sérieusement, et avec un peu de volonté, beaucoup de temps que l'on n'a pas, et accepter de foutre sa vie à côté, c'est possible. Et puis pour les emplois du temps, il existe ce qu'on appelle les examens finaux... pas facile à valider mais très pratiques.
Beaucoup s'en sortent...
Le blues du pyromane ? :)
On réalise avec le temps que l'amour est tout autre : il y a ceux qui ne l'ont jamais connu et il y a ceux dont il hante le souvenir. J'appartiens à cette dernière catégorie (vous aussi, à votre manière, je suppose). Victimes parfois du sentiment d'avoir tout brûlé d'un coup, traversé l'adolescence au pas de course à travers un feu de forêt, succession fascinante de sentiments violents, sauvages, trop intenses, féériques ; vous connaissez sans doute la chanson. Et de se retrouver comme un flanc de colline calciné, sec, incapable de plus rien donner, avec des insomnies de pyromane.
On cohabite. On fait semblant. Nous sommes de grands comédiens. On renvoie les baisers, avec juste ce qu'il faut d'enthousiasme feint pour ne pas risquer d'embarrassantes interrogations. Et toujours répondre oui, oui tout va bien, ou alors c'est juste la fatigue, le boulot. Qu'est-ce que tu veux leur dire ? "Non, ça ne va pas. Ca ne va pas du tout. C'est à cause de cette fille, de ces nuits sous les étoiles quand on était mômes et ça fait dix ans que je vois danser son fantôme la nuit, et si je devais te dire combien elle me manque, je me mettrais sans doute à hurler." Alors oui, tout va bien, ne t'en fais pas. Au fond, c'est peut-être surtout à soi-même que l'on ment. Question de conservation : céder au souvenir, c'est un aller simple pour dingoland.
Enfin, c'est un soulagement de découvrir que d'autres traversent les mêmes incertitudes. Au moins, je ne serai pas seul à rôtir au sous-sol pour lâcheté, traîtrise et mensonge dans le cadre d'une relation sans amour :) (Songeons-y, c'est en enfer qu'iront tous les gens ayant une histoire un tant soit peu intéressante à raconter. Si l'on doit passer l'éternité quelque part, autant que ce soit en bonne compagnie.)
Barjac
Re: Le blues du pyromane ? :)
Malgré tout merci d'avoir laissé ici un commentaire, un témoignage de votre histoire. Du coup je viens d'aller jeter un oeil sur votre blog et en lisant au hasard cet article, j'ai eu, moi aussi, cette étrange sensation de me lire moi-même. Je repasserai.


Comme je te comprends... comme je comprends cette sensation d'être morte à l'intérieur, l'impression que quelque chose s'est brisé, les papillons dans le ventre qui ont disparu... Et en même temps, tellement de souvenirs à deux.
La question, maintenant, est de savoir s'il faut partir, ou rester... et aussi laquelle est la solution de facilité.
Bon courage...